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Handball: Valentin par la grande Porte

valentin porte

Grandeur mature. Valentin, l’arrière droit des Fenix de Toulouse, bientôt juste 23 ans, verrou des attaques adverses et clef des toutes les serrures défensives lors de cet Euro 2014 de handball, depuis sa performance « branque » vendredi soir en demi-finale contre l’Espagne, passe par la grande « Porte » pour figurer dans le casting des révélations mondiales de la saison. Pour y parvenir, cet ailier reconverti au physique plutôt fluet, 1,90 m, 90 kg, pour ce poste d’arrière déménageur, porteur de joug aux mains d’écorcheur, a choisi d’aller à la mine pour charbonner et surtout faire péter de sacrés coups de grisous. Il a justement fait vivre du Zola, la misère, aux Espagnols, dans toutes les positions et toutes les contorsions, avec sept but en huit tirs, avec tout le panel: tirs de loin fulgurants, après contact désarmant et trois roucoulettes, faisant tourner en bourrique un taureau espagnol de combat. S’il en est un qui ne s’étonne pas tant que cela de cette performance XXL pour un joueur qui n’était que le remplaçant du remplaçant à l’aile chez les Bleus il y a un an, et qui ne figurait même pas dans le groupe au début de cet Euro, à cause d’un récalcitrant hématome aux fessiers, c’est son président à Toulouse, Philippe Dallard: « Valentin m’a appelé hier soir après le match contre l’Espagne, pour me dire que ça couinait de partout. Que le combat avait été plus que rude. Mais que la souffrance valait le coup dans la conquête du Graal, la médaille d’or de l’Euro, un championnat plus dur que le Mondial ou les Jeux Olympiques » soulignait le dandy chic président, qui, depuis sa reprise du club toulousain, créé le choc dans le championnat de France avec une belle et méritée quatrième place à la trêve. Et de poursuivre que l’ascension de son poulain, devenu un magnifique cheval de course capable de franchir tous les obstacles, a été franchie marche par marche à la force du poignet et du défi sur l’échelle des valeurs. « Valentin, intrinsèquement est très doué, mais au début, il avait du mal à se situer au haut-niveau, car il accusait un peu trop de poids et manquait de muscle. Il jouait avec ses arguments, et à l’aile, cela suffisait. Quoique! Alors il a bossé, bossé, pris sept kilos de muscles, a respecté un programme sévère. Il a travaillé sur lui-même. Il s’est construit autant en tant qu’homme qu’en tant que joueur. Il a écouté les expérimentés comme Jérôme Fernandez. Et c’est ainsi que le physique qui pouvait s’avérer comme une contrainte est devenu un besoin. »
« LES DEFIS PHYSIQUES SONT DEVENUS SES DROGUES »
Sa renommée mérite quelques coups de trompettes en sol majeur sur les parquets des salles de hand: « Valentin, c’est aussi un garçon de valeur qui a reçu une éducation sévère. Il ne va pas se laisser grisé, je ne le crois pas, car il est très attaché à la famille, aux copains de club et à notre ADN, qui veut qu’un talent ne fait pas une équipe, mais que c’est le groupe qui prime. Et il s’y fond bien dedans. » Philippe Dallard, chef d’une grande entreprise automobile, embraye un peu plus sur la vitesse de croisière prise par Valentin Porte, et son changement de carrosserie, résistante à tous les crash-tests des défenses adverses. « Il y a quatre mois, nous avons dû revoir nos stratégies, car nous avions des blessés à l’arrière. On a positionné Valentin à ce poste, et il s’est révélé, même si au départ ce fut dur pour lui, car il ne s’imaginait pas aller tant au contact. Et aujourd’hui, ces défis physique sont ses drogues. C’est un dur au mal. Aujourd’hui, c’est un des meilleurs joueurs en France à ce poste, et peut-être aussi sur la planète handball. Mais je pense que vous allez encore le découvrir, il n’a pas encore 23 ans. »
« IL A UN GROS ATOUT: LE CULOT »
S’il ne tire pas des chabalas sur la comète, Philippe Dallard voit en Valentin Porte une lumière appelée à briller encore plus en leader de jeu, mais pas en leader d’équipe: « Il a la place pour devenir aux Fenix leader de jeu, tout comme en équipe de France, car un arrière gaucher de cette trempe, c’est rare. Il n’est leader de groupe par contre, nous en avons à Toulouse, et Valentin les écoute, idem avec les Bleus. » Justement les Bleus, comment l’expert Philippe Dallard voit l’issue demain cette finale, sachant que Valentin Porte se sent bien dans un rôle d’outsider?  » Si la France gagne, on aura deux Champions d’Europe à Toulouse, Jérôme et Valentin, la vitrine sera belle. Pour en revenir au match, cela se jouera sur pas grand chose entre les deux nations les plus fortes. Le public danois aura sa part. Mais bon, au départ, la France était annoncée moribonde, on voit où elle en est. Je pense que l’expérience et l’envie sont françaises. Cela va se jouer sur les gardiens aussi. La France ne devra pas connaître le passage à vide de la fin de la première mi-temps de l’Espagne, sinon danger. » Et puis, et puis…le culot pourrait faire pencher la balance à la pesée. Les uppercuts au menton des Espagnols, Valentin Porte a les poings pour les distribuer à nouveau à la face du Danemark demain. Et de la pourrait venir le KO danois et le OK français. « Oui, l’atout de Valentin aujourd’hui c’est le culot. Il ose tout mais pas n’importe quoi. Personne ne l’attendait, il est arrivé sur la pointe des pieds, et il peut encore surprendre. Je n’attends que cela. » Comme toute la France qui attend ce nouveau messie pour écrire en lettres d’or l’histoire du hand français et toulousain. « Par contre ensuite, ce sera à nous de gérer la décompression et les fatigues d’après Euro, de remettre Valentin au boulot, pour qu’il soit encore plus prépondérant, car dans notre championnat, dites vous bien que maintenant il sera attendu dans toute l’hexagone. »

Danemark-France, finale de l’Euro 2014, demain à 17H30 en direct sur Canal+

Laurent Conreur


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