Aux Izards, la peur. Personne ne désire réssuciter le présentateur de la Une, Roger Giquel, prononcant un soir de 1976, son « La France a peur » à l’évocation du meutre du jeune Philippe Bertrand âgé de 8 ans, dans l’affaire Patrick Henry. Il n’en reste que depuis mardi soir et la fusillade dans le quartier nord de Toulouse, faisant un mort, Miloud Nemar, 25 ans, et deux blessés, connus des forces de police, et ce même si le scénario n’est en rien comparable avec le sordide assassinat sur mineur de 1976, la vie dans cette identifiée plaque tournante du trafic des stupéfiants, qui n’était vraiment pas un long fleuve tranquille, est abreuvée d’un courant d’angoisse. Surtout que ce meurtre fait suite à celui de Nabil Bennani, 18 ans, abattu d’une rafale de Kalachnikov le 8 décembre dernier, au pied de son appartement rue des Chamois, très proche du lieu du fait divers de mardi. Avec les premiers résultats d’enquêtes suggérant des liens présumés entre les deux affaires, le parquet a décidé de saisir la juridiction interrégionale spécialisée de Bordeaux, experte notamment pour la criminalité organisée. On ne sait pas toutefois s’il s’agit d’une guerre des gangs, de réglements de compte sous affaires de drogues ou de lutte d’influence pour prises de pouvoirs dans ce quartier sensible.
« ON GLISSE PETIT A PETIT VERS LE MODELE MARSEILLAIS »
Il n’en reste que même si les Izards baptisés, tout comme le Mirail, zone de sécurité prioritaire, la violence semble aller crescendo. Les policiers, confrontés au trafic de drogues, braquages, règlements de comptes, placent même les Izards à un nouvel échelon de la violence et du banditisme. Des voix s’élèvent comme « On glisse petit à petit vers le modèle marseillais »; « Les Izards, c’est plus compliqué, on croise des gens motivés par le prosélytisme religieux et des gens de droits communs. »
Alors que le maire de Toulouse Pierre Cohen trouvait « l’affaire très préoccupante » et réclamait » qu’elle soit élucidée au plus vite afin de retrouver la tranquillité « , le sénateur de Haute-Garonne, Jean-Pierre Plancade, candidat aux prochaines municipales, se montrait plus pertinent en appelant à l’intervention de l’armée, comme l’avait réclamé une certaine Samia Ghali, candidate battue aux primaires socialistes…à Marseille. « C’est totalement inadmissible qu’à Toulouse, des faits graves, comme ceux qui se sont produits cette nuit et qui ne sont pas les premiers, se renouvellent à nouveau. Malgré le travail remarquable de la police, que des armes de guerre circulent librement dans Toulouse, est inacceptable. Je demande en urgence,aux décisionnaires concernés, de faire intervenir l’armée pour la protection de la population Toulousaine » confiat-il à certains de nos confrères. Jean-Luc Moudenc, pour sa part, se montrait atterré par cette fusillade et pestait contre « cette zone de non-droit » que sont devenus les Izards.
Laurent Conreur
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