Duke Ellington lors d’un de ses passages à Cathouse pris en photo par Pannonica de Koenigswarfer. Toute une série de photos des divas du jazz exposée à la Galerie Pinxit, place Saint-Etienne.
Un soleil hivernal de velours se couche comme une coulée de jazz enrobant la place Saint-Etienne, du genre « Round about Midnight » avec deux artificiers nommée Thelonious Monk au piano (NDLR; photo à la une) et John Coltrane au sax ténor. Une délicieuse mélodie qui apporte un hallo de lumière sur les photos de grands noms du jazz exposées avec gourmandise dans la galerie Pinxit, l’ancienne papeterie Aux Six Soeurs, revisitée en salon de thé-pâtisserie nappé de crème photographique par Vincent Guiot, phénix ressucité des cendres de la musique classique au titre d’ancien administrateur du choeur Les Eléments. « C’est une cliente du salon de thé, galeriste rue Fermat, qui a trouvé que cela faisait sens dans le quartier d’exposer des photos quand à proximité on peut acheter peintures, sculptures, meubles et autres objets d’art » souligne, avec une faim de montrer de l’inédit, celui qui a eu un flash pour les séries en polaroïd de Pannonica de Koenigswarfer, agrandis pour être mieux vues et ressenties. « J’en ai quelques unes d’afficher dans les salles du salon, mais venez voir, j’en ai encore beaucoup dans des caisses que j’afficherai au TNT lors des présentations de la pièce de théâtre « Gamblin jazze De Wilde Sextete » du 16 au 18 janvier (NDRLR: Voir le texte ci-dessous). »
PANNONICA DE KOENIGSWARTER, LA BARONNESSE DES DIVAS DU JAZZ
Mis en appétit par Vincent Guiot, le ventre gourmet des fans de jazz manifeste l’envie de digérer un peu plus l’histoire de cette dame née le 10 décembre 1913 de la famille Rothschild, qui a jammé dans les antres des jazzmen de légende, pour extraire de cette substantifique moelle musicale entre autres, un livre curieux, coquin et mise des divas sur le divan , « Les Musiciens de Jazz et leurs trois voeux ». Dans sa vie à partitions multiples, Pannonica de Koenigswarfer s’est vite faite remarquée par ses tournées dans les clubs de jazz au volant de sa vieille Bentley décapotable, armée de son éternel fume-cigarette. Une image réplique telle que tous les jazzmen lui ont vite affublé le nom de « Nica, my lady » ou « There’s the Baronness ». Mise dans le tempo jazzy avec sa passion pour Art Tatum, l’Anglaise prend vite le flow de Thélonious Monk, son chouchou wap do wap. Elle devient alors vite l’amie de Lionel Hampton, d’Art Blakey, de Waller Davis, de Budd Powell, de Coleman Hawkins, de Sonny Clarck, de Charlie Parker, de Tommy Flanagan, de Miles Davis…Grande prêtresse et porte-voix du jazz, « Nica, my lady » est personna grata des clubs majeurs aux States, Le Five Spot, Le Village Vanguard, Le Birdland ou le Small’s à Harlem. La communion avec les jazzmen s’opère. Dans l’intimité de sa maison de Cathouse à New York, elle shoote avec son polaroïd les stars hors scène, en version très originale. Ces derniers lui témoigneront de ce partage en écrivant en son honneur vingt thèmes jazz. Un relationnel tel que quand Thélonius Monk sera pris en possession de drogues, Nica prendra à son crédit ce débit judiciaire et écopera de trois ans de prison. La dernière apparition publique de cette mère-soeur-confidente des rois et reines jazzys aura lieu en 1988 lors de la sortie du film « Bird » de Clint Eastwood.
Pour se replonger dans cette histoire mythique, une visite avec tambour et trompette à la galerie Pinxit s’avère être le meilleur gimmick.
Galerie Pinxit, place Saint-Etienne, Toulouse
Laurent Conreur
_____________________________________________________________
Quand « Gamblin jazze De Wilde Sextete »
Jacques Gamblin fera pulser le jazz avec Laurent de Wilde au TNT.
Depuis que le festival « Jazz sous les pommiers » à Coutances en 2011 a offert une carte blanche à Jacques Gamblin, le jazz fait des claquettes dans les pieds savants de l’acteur. Jacques Gamblin fait pusler des mots, les amalgame, les structure en alexandrins musicaux, sans savoir sur quelle portée ils seront destinés. Un mariage entre un acteur qui compose du texte d’instant et un pianiste incubateur d’écriture avec des notes se devait d’être célébré. Gamblin et Laurent de Wilde, un des papes de la révolution électronique du jazz, se passaient alors la bague au doigt et, accompagnés de cinq musiciens, l’acteur met au monde un concert-spectacle où il met en musique la rencontre d’un homme et d’une femme. Elle ne cherche rien, elle est juste classe, la classe de la musique. Elle respire musique, elle se nomme Lady Jazz. Désir et séduction, humour et plaisir, et littérature et jazz s’épousent naturellement sans fiançailles.Sens et son des mots sont en fusion. Jazz, funk soul et blues font un boeuf pendant que la partition s’écrit entre parlé-rythmé-slammé, groove, respirations bop et blues, avec un évident désir de jouet et d’en jouir.
« Gamblin jazze De Wilde Sextete’ les 16, 17 et 18 janvier à 20H30 au TNT Toulouse.
L.C.
META AREA /META AREA