Dans une certaine sphère médiatico-politique toulousaine, on a souvent caractérisé Arnaud Lafon comme le fils spirituel de Dominique Baudis. Son profil a, il est vrai, des similitudes avec l’ancien premier édile de la Ville rose. Notamment dans la précocité électorale. Si Dominique Baudis a conquis le Capitole à 36 ans en 1983, Arnaud Lafon, en 2001, a enfilé l’écharpe de maire de Castanet-Tolosan à 25 ans. Un record à l’époque. Après sa réélection en 2008, il briguera au mois de mars un troisième mandat avec sa liste Réussir Ensemble Castanet. Se sentant totalement investi d’une mission entamée il y a donc maintenant douze ans, Arnaud Lafon confie que sa candidature consent autant de sacrifices que de passion, mais que l’intérêt public dépasse toutes les frontières: « Le choix de se représenter ne se prend pas comme cela. La fonction de maire est un travail au quotidien qui empiète sur la vie personnelle et professionnelle. Mais consacrer six ans de plus au service de l’intérêt public, et continuer à faire de Castanet une ville où l’on vit bien et dans l’harmonie, me pousse à me représenter. »
Quels sont les enjeux primordiaux auxquels vous avez eu à répondre au cours des dernières années?
D’abord, il faut dire que cette décénie a considérablement bouleversé la gestion de la mairie, avec la crise financière, le désengagement de l’Etat et des partenaires institutionnels. Nous avons eu à répondre, sans nous dérober, aux besoins croissants en terme de soutien public, aux rénovations et aux réalisations de nos équipements publics, à la modernisation de notre administration, au maintien de la sécurité publique, la première de nos libertés, à la maîtrise de la croissance urbaine, à la préservation de notre cadre de vie, à la montée des communautarismes, à l’offre d’un logement pour tous et à l’aide aux plus démunis. Toutes ces thématiques qui me poussent justement à me représenter devant le suffrage universel.
« IL SUFFIT DE SE PROMENER DANS LA CITE POUR CONSTATER LE TRAVAIL EFFECTUE »
Si vous aviez à faire justement un bilan de vos deux mandats, vous diriez quoi?
Il suffit de se balader dans la cité pour constater ce qu’est devenue notre ville pour en déduire la travail effectué. Regardez les facades d’immeubles, l’état d’entretien des équipements scolaires, la qualité du mobilier urbain, que dire de la Halle…Un plan de gestion patrimonial remarquable a été conduit avec toute la remise à niveau de nos équipements publics, en passant de la piscine aux groupes scolaires, sans oublier l’église. On a conduit des investissements majeurs au service de tous avec les parcs publics, la création d’espaces de jeux pour les enfants, le réaménagement du complexe de rugby et la mise en place d’un nouveau complexe de tennis, la réfection de la salle de cinémas, la création de la Grange des Floralies pour les missions artistiques, mais aussi la réalisation d’une nouvelle salle des fêtes. On peut aussi se féliciter de l’implantation de la gendarmerie au centre-ville, du lac et du parc de Rabaudy, du programme de démolition et reconstruction du parc HLM aux jardins des Halles avec le souci de logement pour les plus démunis.
Qu’est ce qui vous mine le plus après ces deux mandats?
Mon regret principal est d’avoir passé trop de temps à repenser notre ville sans prendre justement le temps d’avoir suffisament expliqué à ceux qui ne comprennent pas ou se refusent de comprendre le pourquoi de nos actions. Il faut savoir qu’à mon arrivée en 2001, les caisses de la ville étaient vides. L’épargne de la cité ne dépassait pas les 600.000 euros, alors que les investissements déjà entamés représentaient plus du double. A ce jour, notre épargne est le triple d’il y a 13 ans. Ce n’est pas certes suffisant pour couvrir la totalité de nos investissements. De ce fait, on a travaillé pour créer des recettes. Nous n’avons pas voulu gréver la ville avec des emprunts ou faire souffrir les contribuables en augmentant l’imposition, nous avons choisi les cessions foncières. Vendre des terrains, c’est aussi une opportunité de redessiner la ville, d’infléchir sur la typologie de l’habitat en proposant du logement social, de l’accession libre à la propriété…
Quels seront donc les grands axes de votre politique municipale?
La stabilité fiscale, le désendettement, le financement des équipements de loisirs, sportifs et culturels, la sécurité des personnes et des biens, l’accueil d’entreprises et le développement des emplois, la croissance maîtrisée du développement urbain et l’amélioration quotidienne de notre cadre de vie. Une politique qui s’adresse à tous nos concitoyens en prenant soin de chacun. Car l’accompagnement de la jeunesse et le soutien de nos aînés sont et seront aussi et encore au coeur de nos actions. Une gestion municipale ne se fait pas les uns contre les autres, mais tous ensemble, le tout fondé sur des valeurs républicaines communes.
Propos recueillis par Laurent Conreur
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