Culture

Les armes de séduction massive d’Anna Calvi

Anna Calvi, une blonde incendiée et incendiaire, va brûler les planches du Bikini ce mercredi 4 décembre.

 

Telle un Aragorn, l’un des meilleurs guerriers humains du Troisième âge dans le Seigneur des Anneaux, Anna Calvi brandit sa guitare comme une épée avec une furieuse sensualité. Le sourire coquin en coin, elle fait de son instrument, sa Fender, un sceptre digne d’une Excalibur, dont les riffs d’acier trempé fendent les coeurs de ses amoureux transits. De  son fourreau, elle sort aussi d’autres armes de séduction massive, notamment sa bouche bardée d’un rouge à lèvre sanguin qui crache des laves de vocalises. Maniérée et lyrique, elle dégage la puissance d’un volcan en éruption permanente. Ce premier rôle, elle l’habite depuis longtemps, depuis trois ans quand on avait découvert sur scène cette blonde incendiée et incendiaire dégageant sur terre un feu sacré avec son premier album éponyme « Anna Calvi ». Un récital cheminée aux bois flambants rappelant autant une Edith Piaf en élévation, un Jeff Buckley en lévitation, une Maria Callas transcendée, une Patti Smith extatique ou une PJ Harvey sublimée, à qui on l’a peut-être un peu trop comparée. Ce qui l’a d’ailleurs rendue rebelle et revêche. Mais bon passons…

COMME DE L’ETHER ENIVRANT

Passons surtout à la suite tant attendue, après le passage au zénith, l’arrivée sur la comète de son second opus. Et là, ouah!!! Si en surface « One Breath » s’acoquine bien avec « Anna Cavi » dans la fureur et le cri, en profondeur, il y a d’autres courants qui changent l’état de son océan musical: une vague d’africanités, des brassages de cordes, des choeurs en coeur, des effets de style… « Par rapport à mon précédent album, je voulais que les chansons tristes soient plus tristes, et les chansons joyeuses plus joyeuses. Je voulais jouer avec les extrêmes de la beauté et de la laideur, comme deux voisins de palier qui se battent pour l’espace » , confiait-elle, avec ce délicat délice, à nos confrères parisiens lors de son début de tournée. Cette cohabitation savoureuse amène Anna Calvi vers un excitant précipice où sa musique se diffuserait en suspension de façon envoutante. Comme de l’éther enivrant.

Une drogue à consommer sans modération ce mercredi 4 décembre à partir de 20 heures au Bikini.

I have a tribe en première partie. 23/24 euros sur place, 21,50 euros en réservant sur www.lebikini.com

Laurent Conreur


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