S’il agit aujourd’hui en haute de l’ascenseur social, il n’occultera jamais qu’il provient du bas-étage de la société humaine. Et il en est fier. Et il a raison. Il sait toujours convoquer une maxime familiale incitant à endurer en silence, « serrer les dents, serrer les poings ». Petit-fils de pêcheur sur le port de Marseille, Alain Di Crescenzo a vite été pris dans les filets des valeurs, du respect et du travail pour en faire sa bonne mère. « Mes parents n’ont pas fait d’études non plus, mais ils ont sans cesse travaillé. » Son papa lui a d’ailleuirs donné le « saint’ de l’exigence et sa maman celui de la générosité. Et depuis, Alain Di Crescenzo ne déroge pas à ses règles, et ce même s’il a rompu avec les us et coutumes familiales scolaires. Il donne tous les gages d’une ultracompétence, digne d’une addiction saine aux diplômes, sans en faire une carapace vernie d’orgueil. Ce n’est pas le genre du monsieur, plutôt de celui qui va comme un gant à la théorie d’Einstein: « N’essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur. » Car si on s’arrête sur le CV, il y a de quoi faire saliver les réfractaires aux études: ingénieur de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers, titulaire d’un DEA en mathématiques appliqués, porteurs des galons en expertise comptable, puis pdg depuis 1988 du groupe IGE+XAO, un éditeur de logiciels destinés à la gestion de systèmes électriques, membre du conseil de surveillance de la Banque Courtois, Président du Cercle d’Oc, puis conseiller cu commerce extérieur de la France, et puis,…et puis des titres et des distinctions, et puis, et puis…aujourd’hui Président de la Chambre du Commerce et de l’Industrie de Midi-Pyrénées. Alors qui mieux que lui ne peut théoriser sur sur le vécu de l’entreprise dans la région et évaluer les perspectives d’un avenir que tous espèrent plus enjoué que la morosité ambiante ternit si souvent. Quelles sont les actions concrètes menées par la CCI en 2012 que l’on peut retenir? On retiendra la première Nuit de l’Orientation qui a rassemblé 1900 visiteurs, le succès du premier Forum de l’Industrie avec 450 industriels présents, le 2e Forum économique de Toulouse avec 800 décideurs, le forum DI avec un nouveau focus sur l’innovation, le lancement avec la préfecture d’un Atelier Cub Défense pour accompagner les PME vers la commande publique (17 B d’euros par an de marché), l’opération « 500 000 et moi » qui a valorisé les porteurs de projets de création d’entreprise et montré que la Haute-Garonne était la première terre d’entrepreneurs de France. On retiendra que près de 6.000 entreprises et près de 4.000 porteurs de projet ont été accompagnés par nos services d’appui aux entreprises. 2012 a aussi été l’année de la réforme de notre réseau consulaire. Cette réforme sera pleinement déployée en 2013, elle se traduira notamment par de nombreuses délégations de la CCIR à la CCI de Toulouse, et par un rassemblement de nos forces vives à l’international au niveau régional. Le tout dans un contexte d’économies, et d’augmentation du service rendu à nos ressortissants Votre slogan est aussi le soutien en 2013 à la génération E? Oui, E comme entreprendre bien sûr, mais aussi comme emploi, économie, envie et export. Une génération qui doit être ouverte au monde de l’entreprise. Cette E génération porte l’espoir de notre avenir. Je rappelle ici qu’en Midi-Pyrénées, selon les chiffres de l’INSEE de 2009 ; sur les 95 000 PME, 26 % sont dirigées par des entrepreneurs de 55 ans et +, soit 24 000 dirigeants seniors qui partiront à la retraite dans les dix prochaines années. 72 000 emplois salariés dépendent de la continuité de l’activité de ces entreprises, chiffre que l’on peut rapprocher des 144 500 demandeurs d’emploi (catégorie A) constatés à fin octobre 2012. Qu’attendez-vous de cette génération E? Il y a deux défis majeurs à relever. Un, le chômage des jeunes. Ce chômage freine leur insertion et nous prive de la « modernité » et de la « créativité » qu’ils peuvent apporter à l’économie. Le taux de chômage des moins de 25 ans est de l’ordre de 24% en France, contre 10% pour l’ensemble de la population. Le second défi réside dans l’esprit d’entreprendre. Bien trop faible en France, quand on sait que seulement 25% des étudiants en France envisagent de créer leur entreprise, contre 75% en Amérique du Nord ou 50% dans les pays scandinaves. Comment la CCI peut s’investir dans ces défis? En étant un acteur de la formation des jeunes, via nos moyens de formations (ESC Toulouse), via nos actions en faveur de l’alternance et de l’apprentissage, via des partenariats avec le monde de l’Education, mais aussi en facilitant l’orientation des jeunes vers les métiers d’avenir, par exemple lors de notre Nuit de l’Orientation. On doit aussi ouvrir les portes des entreprises aux étudiants, ainsi que celles de l’université aux chefs d’entreprise. On doit promouvoir l’esprit d’entreprendre : « l’entreprise ne doit pas faire peur aux jeunes, elle doit les faire rêver ». In fine, quelles seront les actions phares de la CCI en 2013? Génération E et compétitivité, ce tandem gagnant guidera la plupart de nos actions en 2013. Nos grands rendez-vous seront la Nuit de l’orientation, le 15 mars, pour laquelle nous sommes tous mobilisés; Le Forum de l’industrie, le 20 mars, qui prendra une résonnance particulière puisque 2013 est l’année de l’industrie pour le réseau consulaire; La présentation de notre enquête annuelle de conjoncture, avec la Banque de France, le 28 mars; L’incontournable Forum économique de Toulouse, le 26 septembre; Le salon du Bourget en juin. Et concernant l’ESC Toulouse, nous travaillons sur le passage à une nouvelle forme juridique, afin qu’elle puisse réaliser toutes ses ambitions. Propos recueillis par Laurent Conreur
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