Bowie 72-73: vues uniques sur l’éternel phénix pop


Posté le 19 décembre, par La Rédaction in Culture. Pas de Commentaires

" Le terrible trio, ou la Sainte Trinité de l'enfer comme je les appelais: David, Iggy Pop et Lou Reed ici en 1972".

 » Le terrible trio, ou la Sainte Trinité de l’enfer comme je les appelais: David, Iggy Pop et Lou Reed ici en 1972″.

"En 1973. David se  grimait lui-même, très rapidement, très efficacement. On retrouve tous les « ingrédients » habituels : ce troisième oeil sur le front, les cheveux toujours rouges, une dizaine de pots de couleurs."

« En 1973. David se grimait lui-même, très rapidement, très efficacement. On retrouve tous les « ingrédients » habituels : ce troisième oeil sur le front, les cheveux toujours rouges, une dizaine de pots de couleurs. »

bowie7bowie1bowie6Mues et résurrections. En éternel phénix pop, avant de s’éclipser définitivement en janvier dernier dans le chant lugubre du sombre héros testamentaire « Blackstar », David Bowie aura oscillé entre auto-désintégrations et renaissances. A chaque fois dissemblable, relooké, remaquillé dans une sublime furie transformiste. En Major Tom ou en Thin White Duck, ou encore en clown triste « Ashes to Ashes » (de poussière à la poussière), et surtout en son avatar cosmique Ziggy Stardust. Un concept de science-fiction naïve, avant-garde de théorie queer. Suivant la comète Bowie, un pan de la jeunesse in se teint la mèche en rouge, se peint les yeux d’étoiles, plonge dans le cosmos extraterrestre. Cette période glam incandescente, mélodie berlinoise en sous-sol, a été immortalisée par son photographe originel Mick Rock, et notamment les années 72 et 73. Ce voyage iconographique unique, inconnue en partie, s’est posé en position géo-extraordinaire au Multiple à Toulouse depuis début décembre, et se réenvolera vers la planète rouge le 15 janvier prochain pour y rejoindre l’androgénie.

LA SAINTE TRINITE DE L’ENFER
Dans cette bâtisse industrielle underground, associée au plus vaste fab lab de France et à un espace de co-working, l’expo « Life on Mars » traduit copier-coller l’âme germano-bretchienne du Bowie 70. Et depuis l’ouverture, le galeriste Philippe Delécluse, commissaire de l’expo, qui, au départ, avait programmé ce special shooting by Mick Rock à Barcelone, « On ne pouvait pas car c’était juste après le décès de David Bowie. Cela aurait fait un peu rapace », ne tarit pas d’éloge sur cette galerie éphémère. « Le public est vraiment subjugué. Les fans de Bowie découvrent des parts d’inconnus, et les néophytes découvrent un artiste et un univers unique. C’est fou en fait cette histoire, parce que je pensais que cette expo ne serait fait pas, ou pas vraiment où et quand. Sauf qu’une rencontre imprévue avec l’entrepreneur toulousain Patrick Thaunay, et sa société Autantyk, a permis de faire rebondir ce projet ».
Le hasard a bien fait les choses, car « Life on Mars » est juste un petit bijou. Un bijou diamanté aussi par le peintre Serge Friant, président du fan club toulousain de David Bowie, qui a prêté aussi sa collection personnelle, pour améliorer l’espace afin de mieux partir en apesanteur Bowie sur « Lif on Mars.

« JAMAIS ETRE HUMAIN NE SERA AUSSI BEAU QUE LE BOWIE DE ZIGGY STARDUST »
Alors, revivez David et Ziggy au Multiple, revivez l’homme qui n’a jamais cessé de mourir, et qui restera immortel sur la planète dandy rock. Pénétrez l’intimité du cliché de la Saint-Trinité de l’enfer.  » Le terrible trio, ou la Sainte Trinité de l’enfer comme je les appelais: David, Iggy Pop et Lou Reed ici en 1972″, comme l’annonce Mick Rock. Ou encore le Bowie transformiste aimant s’autogrimer. « En 1973. David se faisait souvent maquiller par un français, Pierre Laroche, mais en tournée il se grimait lui-même, très rapidement, très efficacement. On retrouve tous les « ingrédients » habituels : ce troisième oeil sur le front, les cheveux toujours rouges, une dizaine de pots de couleurs. Et puis aussi le paquet de clopes, et les bananes, étrangement souvent présentes ».
« Life on Mars », c’est juste beau comme Bowie. Ian McCulloch, d’Echo in the Bunnymen, dont la vocation musicienne fut forgée par la vision de Bowie chantant Starman à l’émission de télé Top of the Pops, en 1972 disait: «Jamais être humain ne sera aussi beau que le Bowie de Ziggy Stardust ».

Exposition « Life on Mars », jusqu’au 15 janvier 2017 au Multiple, 27 bis, allée Maurice Sarraut, Toulouse.
Ouvert tous les jours sauf le lundi, de 10 h à 19 h. Entrée : 7 euros, 4 euros pour étudiants et chômeurs.

Laurent Conreur

 





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