Daniel Haley: la fatalité du pilote américain enfin une réalité reconnue


Posté le 15 novembre, par La Rédaction in Insolite, Politique Société. Pas de Commentaires

Le jeune pilote américain Daniel Haley, abattu à juste 20 ans le 17 août 1944, est enfin dignement honoré par une fresque murale quartier des Minimes à Toulouse.

Le pilote américain Daniel Haley, abattu à juste 20 ans le 17 août 1944, est enfin dignement honoré par une fresque murale quartier des Minimes à Toulouse.

« Ô temps suspends ton vol! et vous, heures propices, Suspendez votre cours ! » écrivait Lamartine dans son poème « le Lac ». Et le temps a été longtemps suspendu pour le jeune pilote américain de juste 20 ans Daniel Haley avant que l’on n’honore son dernier vol le 17 août 1944, au-dessus de l’usine Saint-Eloi à Toulouse. Avant que son identité ne soit dévoilée en 1997, 53 ans après sa tragique disparition. Le lieutenant de l’US Air Force, aux commandes d’un Lockheed P-38, quittait en ce mois d’août 1944 la base d’Aghione en Corse pour aller mitrailler le terrain de Toulouse-Blagnac, à l’occasion de sa 5e mission. Le kid de Chicago correspondait depuis le 30 janvier 1943, date de sa mobilisation avec sa famille. Un de ces derniers courriers ne présageait pas l’optimisme: « Je suis fatigué à mort. Depuis trois jours, je ne fais que prier. Maintenant, j’ai la frousse chaque fois que je décolle… S’il vous plaît, priez pour moi ». En ce 17 août, la fatalité allait frapper. Son avion était abattu par la Flak allemande et se crashait vers 20 h 15 au niveau de la rue Roland- Garros. Son parachute n’ayant pas eu le temps de s’ouvrir, le pilote a heurté de plein fouet un des murs de l’usine Saint-Eloi pour périr décapité. Son corps est d’abord transporté au funérarium de Purpan, puis inhumée au cimetière de Lardenne , et finalement transférée au carré militaire des Ardennes belges. Pour ses proches, Daniel Haley est officiellement KIA «killed in action», et porté disparu jusqu’en 1949.
Avant que son nom soit officialisé, Toulouse évoquait sa mémoire anonymement avec cette plaque « Ici est mort un aviateur américain le 17 août 1944″. La volonté des anciens combattants des Minimes et du Comité de quartier permettra enfin de mettre la lumière méritée sur son nom avec cette nouvelle plaque « Lieutenant de l’US Air Force Daniel Haley, né à Chicago le 11 novembre 1923, Mort pour la France ». Son coéquipier lors de ce pan noir de l’histoire, Roger Weatherbee, et sa sœur Mary Haley Pooles assisteront dans l’émotion le 20 août 1997 à la cérémonie réhabilitant ce héros enfin connu et reconnu.

« LES LONGS SOUVENIRS FONT LES GRANDS PEUPLES »
Pour donner plus d’envergure à sa bravoure, une fresque réalisé par l’artiste street-art Korail éclaire depuis le 11 novembre le quartier des Minimes. Une fresque signée d’une phrase de Montalembert, « Les longs souvenirs font les grands peuples » que Maxime Boyer, le maire de quartier, a inaugurée. Une fresque avec le visage doux de Daniel Haley, un parachute sanglé sur ses épaules, et où « Liberté, égalité, fraternité » plane au-dessous de la devise de l’US Air Force « Flight for Freedom ». Pour notre liberté.
Saint-Vincent de Paul disait, « La vie de l’homme n’est qu’un combat ». Le dernier de Daniel Haley lui a été fatal, malgré son héroïsme mené au paroxysme. Il fallait évidemment qu’à Toulouse, sa fatalité soit enfin une triste réalité reconnue.

Laurent Conreur





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