Suicide chez les agriculteurs: le malheur est dans le pré


Posté le 31 octobre, par La Rédaction in Politique Société. Pas de Commentaires

Cette photo est d'une glaçante vérité. Un agriculteur, en friches financières ou morales ou physiques, se suicide tous les deux jours.

Cette photo est d’une glaçante vérité. Un agriculteur, en friches financières ou morales ou physiques, se suicide tous les deux jours.

Le bonheur n’est pas toujours dans le pré. Le malheur y pousse trop souvent même, comme une mauvaise herbe. La moisson de la mort. Un agriculteur, en friches financières ou morales ou physiques, se suicide tous les deux jours. L’Institut de veille sanitaire confirme ce sillon de la désolation. Les agriculteurs ont la douleur d’être la catégorie sociale la plus touchée par les suicides. 20% en plus de morts par suicide que dans le reste de la population française. En comparaison avec les cadres, les agriculteurs passent trois fois plus à l’acte tragique. Dans le monde agricole, le suicide pointe à la troisième place des causes de décès, alors qu’il occupe la huitième position pour l’ensemble de la population française.
La photo saisissante de la jeune enfant avec cette pancarte autour du cou, « Aidez mon papa avant que je ne le perde », qui circule sur les réseaux sociaux, glace le sang de l’émotion. Agri’Ecoutes, la permanence de prévention du suicide chez les agriculteurs, ne rassure pas dans les campagnes. Au premier semestre, 1700 appels ont été enregistrés, soit une moyenne de 285 alertes contre 100 en moyenne à la même période l’an dernier.

354 EUROS DE REVENUS MENSUELS
Mais pourquoi un tel désarroi, une telle crise existentielle qui mène au geste fatal? L’inutilité d’être parfois avec ces témoignages anxiogènes: « Est-ce que l’on a vraiment besoin de nous? » ou « A-t-on vraiment besoin de nous pour nourrir les gens? ». Evidemment la crise économique génère une précarité croissante chez les paysans, avec une forte croissance de la demande de primes d’activité, qui s’est substitué au RSA activité. En 2016, la Mutuelle Sociale Agricole a ciblé sur 60.000 demandes, elle a déjà atteint la barre angoissante des plus de 200.000 requêtes. Une poussée violente qui s’explique par les revenus de certains agriculteurs bien mal lotis: en 2015, 30% présentaient des revenus de 354 euros mensuels (18% en 2014), et 2016 s’annonce encore plus noire avec la dégringolade des chiffres financiers des récoltes. « Aidez mon papa avant que je le perde », la petite fille a les mots pour dire les maux.

Laurent Conreur

 

 

 





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